Histoire et Mémoire

10 Mars : 2019 :

Que reste-t-il de la Transition dans l’Espagne d’aujourd’hui ?

Entre 1975 et 1978, l’Espagne est entrée dans un processus de transition de la dictature   à la démocratie qui a pu sembler, par sa rapidité et son apparente facilité – et malgré une violence inouïe – renvoyer dans un passé révolu, le régime dictatorial dont ce processus réalise la sortie, et avec lui, le fascisme des origines, le catholicisme institutionnalisé et la confiscation du pouvoir. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien, que cette période de l’histoire de l’Espagne est toujours bien vivante, que le passage du temps n’a rien effacé. Bien que la guerre civile d’Espagne, le régime de Franco et la transition de la dictature à la démocratie appartiennent à un passé que l’immense majorité de la population espagnole d’aujourd’hui n’a pas connu, toutes les questions que cette période – entamée en 1936 et que l’on croyait achevée en 1978 – posait alors, continuent d’alimenter des débats de toutes sortes, lui redonnant, dès lors, une certaine actualité.

Pour cela, et grâce au recul que permet le passage du temps, cette période désormais ancienne mérite d’être revisitée. Et cela est d’autant plus souhaitable que les passions ne sont pas apaisées – il semble même qu’elles se soient accentuées – et qu’au cours des quatre décennies qui se sont écoulées entre la promulgation de la Constitution, qui fait de l’Espagne un Etat authentiquement démocratique, et la période actuelle, l’alternance politique, le changement de titulaire à la tête de l’Etat, la fin du terrorisme basque, les innombrables cas de corruption, et plus récemment le resurgissement de la question catalane à un degré de conflictualité inédit, renvoient sans cesse aux temps lointains de la dictature et aux trois années au cours desquelles l’Espagne a su s’affranchir de la législation franquiste pour en promouvoir une nouvelle qui n’a rien à envier à celles des démocraties européennes plus anciennement constituées.

C’est une nouvelle lecture de la période que cette conférence se propose de réaliser sur la base d’une question première : que reste-t-il de la Transition dans l’Espagne d’aujourd’hui ? Si la tentation est grande de livrer une première et rassurante réponse : il reste de la Transition toutes les institutions créées après la mise en œuvre de la Loi sur la Réforme Politique du 4 janvier 1977 et qui a permis la constitution de la monarchie parlementaire que nous connaissons aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que ce processus, rapide et indéniablement efficace, s’est réalisé sur la base d’une amnésie volontaire, dont on mesure aujourd’hui la dangerosité et les effets pervers. L’amnésie alors souhaitée et jugée indispensable, a agi comme un mécanisme de défense permettant de réduire autant que nécessaire les pulsions qui n’auraient pas manqué de se déchaîner, mais elle ne fut que cela et ne fut jamais synonyme d’oubli. Il y a, dans une grande partie de la population espagnole actuelle, une exigence de vérité qui passe par la remise en cause du processus de transition et de ce qu’en ont fait ceux qui ont eu à gouverner l’Espagne redevenue démocratique. La Loi sur la Mémoire Historique, qui a permis de belles avancées, en rendant possible et légale la recherche de la vérité, ne fut que la première étape de cet aggiornamento mais elle n’a pas permis de résoudre la question lancinante que se posent les victimes depuis des décennies, celle de l’impunité, celle-ci apparaissant en outre comme l’un des héritages le plus visibles de l’Espagne franquiste.

Denis RODRIGUES

****
3 Mars 2019 :

 

C’est près de 200 personnes qui ont été présentes à la séance du dimanche 3 mars à l’ARVOR à Rennes. Elles faisaient suite aux 800 autres qui les ont devancées au cours des séances précédentes, sans compter les deux dernières séances à venir, voire plus. Au-delà de l’émotion, le documentaire pose clairement bon nombre de questions sur le régime franquiste et la période, jusqu’à aujourd’hui, qui a suivi. Malgré les innombrables obstacles mis en place par les pouvoirs successifs en Espagne pour imposer le silence, celui-ci apparaît de plus en plus insupportable à un nombre grandissant d’Espagnol-e-s. Nous ne parlons pas seulement ici de la guerre imposée par Franco aux Républicains, mais des quarante ans qui ont suivis pendant lesquels les opposants à la dictature ont été systématiquement emprisonnés, torturés et assassinés … et même après la « Transition » pendant laquelle le vol de bébés a perduré, que nombre de responsables franquistes et de tortionnaires ont pu continuer leurs sinistres activités ou vivre en toute impunité. Nous avons rappelé notre réprobation de voir la sinistre figure de Franco et le drapeau de la royauté héritière figurant en bonne place sur l’affiche en langue française (l’Arvor n’y est pour rien). Une affiche plus conforme au contenu a été ultérieurement mise en avant.  La salle a remarqué une grande absente de ce documentaire : l’Église catholique espagnole qui a sans relâche appuyé le dictateur. Seuls les réalisateurs pourraient nous donner une réponse à cette absence incompréhensible. De jeunes Espagnoles, présentes dans la salle ont fait état de leur ignorance passée de ces questions brûlantes. C’est un fait, 40 ans de dictature suivies d’une longue période pendant laquelle les pouvoirs successifs se sont efforcés de passer sous silence les effroyables activités de la dictature franquiste, ont créé plusieurs générations inconscientes de ce qui s’était passé et de ce qu’il se passait il n’y a pas si longtemps. La reconnaissance du droit à la justice des victimes avance lentement, et il faudra continuer à soutenir ceux et celles qui la demandent, même s’il faut attendre que les poules aient des dents ou plus littéralement en espagnol que les grenouilles aient des poils comme le disait Maria Martin, l’une de celles, qui  a attendu toute sa vie pour que justice lui soit rendue.

Gérard HAMON

Mas de 200 personas asistieron a la sesión del domingo 3 de marzo del 2019 en el cine Arvor de Rennes.
A estos espectadores se suman los 800 de las sesiones anteriores sin contar con los venideros.
Mas alla de la emoción este documental plantea numerosas preguntas sobre el régimen de Franco  y  su época hasta hoy.

A pesar de los numerosos obstáculos puestos por los distintos gobiernos que se sucedieron en el poder con el afán de imponer un silencio, esta situacion se hace cada vez mas insoportable a un nùmero creciente de Españoles y Españolas.  No  sólo  se trata de la guerra impuesta por Franco a los Republicanos pero de los 40 años siguientes cuando se siguió encarcelando, torturando y asesinando a los opositores politicos de manera sistemática, incluso durante la Transición cuando se continuó el robo de los bebés y que los responsables franquistas, los torturadores siguieron sus actividades con toda impunidad.
Al ver el cartel francés de la película con la cara desagradable de Franco junto a la bandera de la monarquía, su heredera, dimos a conocer nuestra reprobación y mas tarde hicimos un cartel mas conforme al contenido de la pelicula (el Arvor no tiene ninguna responsabilidad).
Todos los presentes  observaron una gran ausente en el documental, la Iglesia que no paró de apoyar  al dictador. Los únicos que podrían darnos unas explicaciones son los realizadores. Jóvenes Españoles entre los presentes hicieron constar su ignorancia del pasado acerca de de aquellas preguntas tan delicadas.

Es un hecho real, 40 años de dictadura mas un periodo cuando los distintos gobiernos callaron las horrendas actividades del franquismo criaron a muchas generaciones de jóvenes Españoles ignorantes de lo que pasó, de lo que pasaba en unos tiempos no tan lejanos.

El reconocimiento del derecho a la justicia para las victimas va lento. Hay que seguir apoyando a los que piden justicia aunque se tenga que esperar a que las ranas críen pelo como suelen decir los que han esperado toda su vida asi como Maria Martin.

Gérard HAMON, Traduction Michèle Martinez

****
Janvier 2019 :
Dans les buts du Centre Culturel Espagnol de Rennes figurant à l’article 2 de ses statuts, il est
indiqué :
« L’association Centre Culturel Espagnol a pour buts de :
Promouvoir et développer la connaissance de l’Espagne sous toutes ses formes :
linguistique, culturelle, sociale, économique, historique dont la mémoire des républicains
espagnols ».
C’est donc dans ce cadre que se fonde début 2019 la commission Mémoire de la République
espagnole. Elle ne part pas de rien, une commission Mémoire l’a précédée. La République
espagnole fait partie de l’ADN de notre association, la promotion et le développement de sa
connaissance se sont inscrits dès ses premières activités en 1997 (prenant la suite du Cercle
espagnol de Rennes). Pour affirmer cette position, le drapeau de la République espagnole figure
en bonne place dans nos locaux et durant notre assemblée générale. Il figure aussi sur notre site
Plusieurs moments forts ont rythmé la réalisation de cet objectif. Pour ne citer que les plus
saillants, ce sont : le soutien à la publication et la diffusion de « La mémoire retrouvée des
Républicains espagnols » de Gabrielle Garcia et Isabelle Matas (369 pages, Rennes, Editions
Ouest France, 2005), le soutien et la participation à l’exposition itinérante « De Rennes à Saint
Malo les Républicains espagnols en Ille et Vilaine », les débats et conférences des 7 et 8 juin
2012 « La République, la guerre d’Espagne, la dictature franquiste », l’organisation le 2
février 2017 de la conférence-débat « L’Espagne sous le régime de Franco » autour du livre
du même nom de Denis Rodrigues.
Nous nous proposons, entre autres, de mettre en ligne sur notre site tous les documents anciens relatifs à cette activité. Le Centre Culturel Espagnol est aussi présent chaque année avec le Coro à la commémoration du combat des résistants républicains espagnols et des résistants français fusillés au Colombier en 1944. Il est aussi présent le 30 décembre de chaque année au site commémoratif des fusillés de la Maltière. Deux
cérémonies au cours desquelles le drapeau républicain espagnol figure auprès des drapeaux
officiels français. Au grand dam des fascistes et de leurs émules, le drapeau de la République
espagnole flotte encore. Cette commission se met donc au travail en projetant des moments
forts, mais aussi un suivi régulier et une information sur l’actualité de la République espagnole.
Gérard HAMON
****

Dimanche 27 mai 2018, 16h00 :

Comme chaque année, El Coro s’est rendu à la Stèle des fusillés, Place du Maréchal Juin, pour chanter  lors de la cérémonie du souvenir à la mémoire des 32 fusillés du Colombier le 8 juin 1944.
****
Février 2017 :